Du miel, des mines et un village : l'histoire de Coudoux

Parler de Coudoux, c'est aussi raconter une partie de l'histoire de Ventabren. Après tout, les deux communes n'en formaient qu'une seule jusqu'en 1950. Des siècles d'un destin commun. Alors, même si Coudoux suit aujourd'hui son propre chemin, son histoire reste intimement liée à celle de Ventabren. On peut bien dire que c'est presque la famille.
🌿 Un petit hameau de Ventabren
Au début du XIXe siècle, Coudoux ne représente qu'une faible part de la population de la commune de Ventabren.Vers 1820, le secteur compte environ 120 habitants, soit une trentaine de foyers. À la même époque, le reste de Ventabren rassemble près de 1 300 habitants, répartis dans environ 280 à 300 foyers. Les habitants de Coudoux représentent alors moins de 10 % de la population communale. Il ne s'agit d'ailleurs pas encore d'un véritable village, mais de deux noyaux d'habitation distincts : Petit-Coudoux et Grand-Coudoux.
Aujourd'hui, les deux communes réunies comptent près de 10 000 habitants (6000 pour Ventabren, 4000 pour Coudoux) . Une situation bien différente de celle du début du XIXe siècle.
🌿 Une origine du nom encore discutée
L'origine du nom de Coudoux reste incertaine.Une première hypothèse le rattache au provençal còdol, qui signifie « galet » ou « pierre ronde », en référence aux terrains caillouteux de la région.
Une autre tradition locale évoque une « colline douce », associée à la production de miel. Les textes anciens mentionnent la présence d'environ 3 000 ruches sur le territoire.
Cette activité apicole allait de pair avec une importante culture d'amandiers. La floraison précoce de ces arbres constituait une ressource appréciée des abeilles au sortir de l'hiver.
🌿 Une plaine agricole recherchée
Lorsque les premiers habitants venus du quartier des Cauvets s'installent à Coudoux au XVIe siècle, ils trouvent une vaste plaine favorable à l'agriculture. On y cultive des oliviers, des amandiers, de la vigne et, pendant un temps, des mûriers destinés à l'élevage du ver à soie. Le secteur bénéficie de la proximité de l'Arc et, plus tard, du Canal de Marseille. Les infiltrations du canal contribuent à maintenir une certaine humidité dans les sols.Pour autant, la question de l'eau potable reste problématique. Les eaux de l'Arc comme celles du canal ne sont pas adaptées à la consommation. Les quelques sources locales ne suffisent pas toujours aux besoins de la population. Pour laver le linge par exemple, certaines familles doivent parcourir plusieurs kilomètres jusqu'au puits du Saule à Ventabren.
🌿 L'église qui rapproche les habitants
En 1770, une nouvelle église est construite en remplacement d'une ancienne chapelle dédiée à Saint-Michel-Archange. Implantée entre Petit-Coudoux et Grand-Coudoux, elle contribue à rapprocher les deux bourgs et à créer un début d'unité locale.Cette évolution s'accompagne d'une autonomie paroissiale croissante vis-à-vis de Ventabren.
Soixante ans plus tard, la création d'un cimetière local simplifie également la vie des habitants. Auparavant, les défunts devaient être transportés jusqu'au village perché de Ventabren par un itinéraire que la tradition populaire surnommait le « chemin des morts ».
🌿 Une parenthèse ouvrière
À la fin du XIXe siècle, Coudoux n'est plus seulement un territoire agricole.Son sous-sol renferme du lignite, un charbon brun exploité industriellement durant plusieurs décennies. Deux puits principaux sont ouverts, l'un à Saint-Hilaire, l'autre à Saint-Michel. Plus de 200 000 tonnes de lignite auraient été extraites du sous-sol de Coudoux entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.
L'activité minière, ajoutée aux chantiers du Canal de Marseille, fait apparaître une petite population ouvrière que l'on ne retrouve pas dans les mêmes proportions à Ventabren.
Cette période reste relativement brève, mais elle participe à forger une identité propre au territoire.
🌿 Une séparation obtenue après un siècle de demandes
Malgré cette évolution, l'autonomie de Coudoux tarde à arriver. Les premières demandes de séparation apparaissent dès le XIXe siècle. Pourtant, il faut attendre le 11 mai 1950 pour que Coudoux devienne officiellement une commune indépendante. Près d'un siècle s'est donc écoulé entre les premières revendications et leur aboutissement.Cette longue attente a laissé des traces dans les mémoires locales. Les anciens évoquaient encore, plusieurs années après la séparation, les rivalités entre les jeunes des deux villages lors des bals et des fêtes populaires.
Une preuve que l'histoire administrative ne se résume jamais à un simple changement de frontière.
📖 Pour aller plus loin :
En 1950, Ventabren a perdu près d'un tiers de son territoire.




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