Histoire de la gare de Ventabren

Gare de Ventabren Roquefavour

À Roquefavour, le XIXe siècle industriel s’est installé au pied de l’aqueduc tandis que le vieux Ventabren poursuivait encore sa vie rurale.

🌿 Deux Ventabren face à face

Au milieu du XIXe siècle, il existait presque deux Ventabren. D’un côté, le village perché, agricole, vivant encore selon un rythme ancien. L’eau courante n’y arrivera qu’en 1894 avec le moulin, et l’électricité seulement en 1924.

De l’autre côté, à Roquefavour, apparaissaient déjà les signes de la modernité : l’aqueduc inauguré en 1847, la voie ferrée ouverte en 1856, le télégraphe et probablement un château d’eau ferroviaire destiné à alimenter les locomotives à vapeur.

Un contraste saisissant. Alors que le village restait largement tourné vers l’agriculture, Roquefavour entrait déjà dans l’ère industrielle.
Gare de Ventabren Roquefavour
Ironie de l’histoire : Ventabren était presque invisibilisé. Sa gare ne portait même pas son nom. Elle s’appelait simplement « Roquefavour », comme l’aqueduc voisin devenu une attraction nationale de son époque, quelque part entre le Pont du Gard et la future Tour Eiffel.

🌿 Pourquoi une ligne entre Rognac et Aix ?

La ligne Rognac–Aix n’a pas été construite pour Ventabren. Son objectif principal était de relier Aix-en-Provence au grand réseau ferroviaire national. La grande ligne Paris–Marseille passait par l’étang de Berre, laissant Aix à l’écart.

Les élus aixois craignaient un déclassement économique. Le chemin de fer représentait alors l’équivalent des grands axes autoroutiers d’aujourd’hui.

Le choix d’un arrêt à Roquefavour s’explique probablement par la renommée déjà importante de l’aqueduc. Le site attirait visiteurs, ingénieurs et voyageurs curieux de voir ce géant de pierre récemment achevé.
Gare de Ventabren Roquefavour
Il est également possible qu’une voie de chantier ait déjà existé quelques années auparavant pour la construction de l’aqueduc, même si les archives restent incomplètes sur ce point.

🌿 Une gare vivante au pied de l’aqueduc

Durant plusieurs décennies, la gare de Roquefavour voit passer voyageurs et marchandises. Les habitants peuvent rejoindre Aix ou Marseille plus rapidement qu’auparavant.

Les produits agricoles circulent plus facilement. Les trains à vapeur s’arrêtent, prennent de l’eau et poursuivent leur route. Le site vit au rythme des locomotives, du sifflet des trains et des dépêches télégraphiques.
Gare de Ventabren Roquefavour
L’aqueduc lui-même attire des visiteurs venus parfois de loin. Une forme de tourisme technique avant l’heure.

🌿 Le lent déclin de la ligne

L’ouverture de la ligne Marseille–Aix par Gardanne en 1877 détourne progressivement une partie du trafic. La fréquentation diminue lentement.

Après la Première Guerre mondiale, la grande époque des excursions vers l’aqueduc s’essouffle. Le service voyageurs disparaît finalement entre 1938 et 1939.
La ligne est ensuite réduite à une seule voie. En 1970, la gare apparaît déjà abandonnée sur plusieurs photographies anciennes. Le trafic subsiste essentiellement pour le fret, notamment le transport de bauxite entre Fos et Gardanne.
Gare de Ventabren Roquefavour
Aujourd’hui, quelques convois de marchandises circulent encore occasionnellement. L’ancienne gare a été vendue et appartient désormais à des particuliers.

🌿 Un avenir encore débattu

Depuis plusieurs années, certains élus et associations défendent la réouverture de la ligne aux voyageurs. Leur argument est simple : le Pays d’Aix connaît une forte croissance démographique et les routes sont régulièrement saturées.
Gare de Ventabren Roquefavour
Les partisans du projet y voient une alternative à la voiture pour relier Aix, Rognac ou l’aéroport. D’autres soulignent le coût des travaux et les contraintes techniques liées à une ligne restée longtemps dédiée au fret.

Pour l’instant, la vieille gare de Roquefavour demeure le témoin discret d’une époque où Ventabren avait déjà un pied dans le monde industriel, tandis que le village regardait encore vers son passé rural.
Gare de Ventabren Roquefavour

0 comments: