Au fil du Vallat des Eyssarettes à Ventabren

À Ventabren, il existe une rivière discrète mais bien réelle… et elle traverse toute la commune dans une ambiance presque secrète.
Le Vallat des Eyssarettes fait partie de ces petits cours d’eau provençaux que l’on oublie parfois tant ils savent se faire discrets. Une bonne partie de l’année, surtout en été, son lit semble asséché ou réduit à un simple filet d’eau. Pourtant, cette rivière traverse bel et bien Ventabren du nord au sud avant de rejoindre l’Arc. Et malgré son apparence paisible, elle peut aussi devenir redoutable lors des épisodes méditerranéens, au point d’avoir placé une partie du bas de la commune en zone inondable.
🌿 Une rivière cachée au cœur de Ventabren
Quand on pense à Ventabren, on imagine souvent le vieux village perché, les pinèdes, l’aqueduc de Roquefavour ou les paysages secs de Provence. Pourtant, une véritable rivière traverse la commune : le Vallat des Eyssarettes. Son cours serpente discrètement entre les quartiers, longe parfois des chemins, disparaît sous certains ouvrages, puis réapparaît au milieu de la végétation.Le mot “vallat” est typiquement provençal. Il désigne un petit cours d’eau, souvent irrégulier, parfois torrentiel après les pluies. Quant au nom “Eyssarettes”, il pourrait venir d’un ancien terme provençal lié aux terrains défrichés ou aux zones ouvertes dans la végétation, même si l’origine exacte reste incertaine.
🌿 Une ambiance sonore unique au printemps
Il existe un moment très particulier pour découvrir cette rivière : les mois de mai et juin. Avant même le chant des cigales, le Vallat des Eyssarettes offre une autre bande-son typiquement provençale : celle des crapauds et des grenouilles.Le soir venu, surtout autour des portions encore bien en eau, leur chant résonne dans les feuillages et crée une ambiance étonnante, presque tropicale par endroits. Beaucoup d’habitants connaissent ce bruit sans forcément savoir qu’il vient de cette rivière discrète cachée dans les replis de la commune. C’est d’ailleurs cette atmosphère si particulière qui a donné envie de consacrer un article entier au Vallat des Eyssarettes.
🌿 Une rivière intermittente… mais pas anodine
Le Vallat des Eyssarettes est ce qu’on appelle un cours d’eau méditerranéen intermittent. Cela signifie qu’il peut être presque à sec une partie de l’année, notamment durant les fortes chaleurs estivales. Mais lors des épisodes pluvieux, son comportement change totalement.Des études hydrauliques menées pour l’État ont même permis de cartographier précisément ses zones de débordement et ses risques de crue sur Ventabren. Ces études montrent que le vallat peut connaître des crues importantes et rapides lors des gros épisodes méditerranéens.
C’est notamment pour cette raison qu’une partie du bas de la commune se retrouve classée en zone inondable dans le cadre du PPRi (Plan de Prévention des Risques d’Inondation). Le Vallat des Eyssarettes, malgré sa petite taille apparente, reste donc un élément hydrologique pris très au sérieux par les services de l’État.
🌿 Une rivière qui finit dans… un fleuve
Autre anecdote qui surprend souvent : le Vallat des Eyssarettes se jette dans l’Arc. Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, l’Arc n’est pas officiellement une rivière mais bien un fleuve.Pourquoi ? Parce qu’il termine sa course dans l’étang de Berre, qui communique lui-même avec la Méditerranée. En géographie française, un cours d’eau qui se jette dans la mer — directement ou indirectement — est considéré comme un fleuve.
Ainsi, ce petit vallat ventabrennais rejoint finalement un fleuve provençal avant de finir son voyage vers la Méditerranée.
🌿 Un élément discret du patrimoine naturel ventabrennais
Le Vallat des Eyssarettes ne possède ni les dimensions spectaculaires d’une grande rivière, ni la renommée des grands paysages provençaux. Pourtant, il participe pleinement à l’identité naturelle de Ventabren.Il crée des couloirs de fraîcheur, attire une biodiversité discrète, façonne certains paysages et rappelle qu’au milieu de cette Provence sèche existe encore une présence permanente de l’eau.
Quand on prend le temps de longer son cours, surtout au printemps, on découvre une autre facette de Ventabren : plus sauvage, plus verte, presque secrète. Une rivière cachée… mais bien vivante.






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