Ventabren : c’était mieux avant ? Petite promenade à l’Héritière

Quartier de l'Héritière à Ventabren

On continue nos promenades dans le temps avec Google Maps. Retour en 2008. Autant dire hier, à l’échelle de l’histoire du village.

Promenade dans le temps : le monde d’avant

À l’époque, ici, pas de résidences modernes, pas de façades contemporaines. Juste une vaste prairie agricole, probablement restée assez semblable pendant des années. Une ancienne photographie de 2001 laisse même entrevoir ce qui ressemble à une zone de pâturage pour les moutons. Un autre décor, un autre rythme, une autre époque. Celle où le paysage racontait d’abord une histoire, faite de prés, de vignes, d’oliviers.
Quartier de l'Héritière à Ventabren

Au fond, cette comparaison n’a rien d’exceptionnel. Et pourtant, elle m’interpelle. Parce qu’elle est un formidable marqueur du temps qui passe et de la rapidité avec laquelle notre environnement se transforme.

Le contraste est saisissant. En moins de 5 ans, 16 hectares de paysage rural ont laissé place à une véritable petite ville ! Côté chiffres, l’opération représente presque 10 % de la population de Ventabren en moins de 5 ans, soit un rythme 8 à 10 fois supérieur à la moyenne nationale.

J’avais simplement envie d’immortaliser ce décor d’antan. Il y a quelque chose d’assez plaisant à se promener dans un endroit en sachant qu’il vivait autrefois à un tout autre rythme. C’est ma petite lubie de blogueur fouineur : regarder derrière le décor, chercher ce qui se cachait là avant nous, et rappeler que notre environnement actuel n’a rien d’éternel. Ce qui nous semble normal aujourd’hui paraîtra peut-être tout aussi étrange aux générations futures. Donner quelques racines à un quartier récent, c’est aussi lui donner une histoire, une identité, et une place dans la mémoire collective du village.
Quartier de l'Héritière à Ventabren

Bétonnage ou changement d’époque ?

Évidemment, dès qu’on parle de l' "Héritière", les critiques ne tardent jamais. Les fameux « c’était mieux avant », les dénonciations du bétonnage et les regrets d’une nature disparue. Et je comprends parfaitement qu’on puisse regretter le vivant. Mais, comme tout bon blogueur fouineur, j’aime bien gratter un peu sous la surface des discours !

Car il y a parfois un paradoxe assez savoureux : certains détracteurs de l’Héritière habitent eux-mêmes dans des quartiers pavillonnaires construits dans les années 1960 ou 1970, qui ont eux aussi remplacé des paysages d'antan, faits de vignes et des oliveraies, notamment immotalisés par Raymond Normand. Autrement dit, l'artificialisation, c’est honteux… sauf pour moi ! Aujourd’hui, ces mêmes quartiers auraient certainement bien du mal à voir le jour, entre les contraintes des PLUi et autres SCoT. Bien sûr, on peut discuter et tout projet mérite d’être critiqué lorsqu’il présente des défauts. Mais critiquer pour obtenir de figer le paysage après son propre emménagement, c’en est une autre.

Vous l’aurez compris, je plaide aussi un peu pour ma paroisse de néo-Ventabrennais ! Après tout, nous sommes tous, à un moment ou à un autre, les nouveaux arrivants de quelqu’un… avec notre lot de critiques.

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